[Politique] Septembre 2012

Aujourd’hui au programme : les péripéties d’un mois de septembre ! Nous traiterons donc de contentieux d’abord avec la Corée du Sud, puis avec la Chine. Et enfin, on comprendra le potentiel de Toru Hashimoto, nouvelle figure de l’échiquier politique japonais.

Japan go home

Le Japon serait-il trop avare ?

Et si l’élastique craquait ?

Depuis quelques années, les présidents de la Corée du Sud semblent tous suivre le même credo : alors que dans leur début de mandat ils entretiennent avec le Japon des relations amicales tournées vers un futur optimiste ; ils finissent par se réveiller brutalement et reprochent à leur ancien colonisateur ses actes.
Lee Myung-bak en est l’illustration. Alors que sa fonction vient à sa fin, il s’est rendu sur les îles Dokdo, que le Japon convoite. Peu après, il a expliqué que si l’Empereur japonais devait venir en Corée du Sud, il devrait d’abord présenter ses excuses pour les crimes de guerre commis. S’en est suivi une querelle absurde autour d’une lettre diplomatique que la Corée refusait d’accepter, et que le Japon refusait de reprendre !

lee myung bak

« Je n’en veux pas de votre carte de voeux ! »

De l’autre côté, Yoshihiko Noda arrive lui aussi à la fin de sa carrière. Ses mesures visant à renflouer les caisses de l’Etat en taxant les villes ont été refusé dans le budget de l’année. Ceci risque de le pousser à dissoudre l’assemblée, qui lors de nouvelles élections pencherait certainement pour le partie adverse, le LDP.
La politique se déportera donc vers l’extrême droite, où les négociations entre les deux pays voisins seront beaucoup plus nerveuses. En effet, Toru Hashimoto comme Shinzo Abe prévoient déjà de revenir sur la Rétrospective de Kono, qui est un gage d’excuses aux familles ayant subies l’occupation nippone.
Une des revendications majeure de la Corée du Sud est une compensation pour les femmes qui ont du subir l’occupation japonaise. Mais Hitoshi Tanaka, un ténor de la politique japonaise a répondu qu’offrir une quelconque rétribution aux victimes serait inconcevable, car cela engendrerait trop de demandes. Cet argument est bien sûr fortement controversé.
Les conséquences des dissensions pourraient être dangereuses : des accords militaires contre la Corée du Nord (encouragés par les USA, alliés des deux pays) ont pris fin avec ces nouvelles disputes. La Hallyu (vague de la culture pop coréenne) pourrait elle aussi être menacée de tels comportements. Rappelons que pas moins de 5 millions de touristes voyagent d’un pays à l’autre chaque année.

SNSD crying

Réactions des idoles coréennes s’il elles ne peuvent plus aller au Japon ?

Les îles de la perdition

Les îles Diaoyus (Chine) ou Senkaku (Japon) suscitent l’intérêt des deux géants. Des émeutes anti-japonaises ont ainsi éclaté dans plusieurs villes de Chine : Toyota et Honda ont du fermer leur usines.
Le gouvernement à Beijing (Pékin) essaye cependant d’apaiser les tensions, souhaitant en partie conserver de bonnes relations économiques. Faire un parallèle avec la situation de l’Allemagne dans les années 30 n’est pas si extrême : en ce temps, l’Allemagne sentait que le monde ne pouvait la suivre dans son expansion rapide : des passions comme le nationalisme extrême prirent racines. En Chine, depuis plusieurs années des disputes éclatent avec les voisins anxieux, souvent alliés des USA. Dans ce contexte, même une dispute autour de « rochers » pourrait s’avérer cataclysmique.

Dokdo

Iles Dokdo (Corée du Sud) que revendique le Japon : ne serait-ce pas un problème de gourmandise aux vues des problèmes déjà existants avec la Chine ?

Certains pensent cependant que ce conflit résulte d’intérêts politiques intra-territoriaux : en regard des élections prochaines au Japon, et de la transition gouvernemental en Chine. Yoshihiko Noda explique quant à lui que son voeu était d’éloigner ces îles de riches extrémistes japonais. Mais le fait est que le Japon n’a eu de cesse de protéger ses zones exclusives économiques (ZEE), en revendiquant de nombreuses îles et en les maintenant hors de l’eau par des méthodes artificielles.
Des économistes affirment de leur côté que ces pays ne risqueraient jamais d’entrer en guerre au mépris de leur profits financiers. La Chine est et restera le plus grand partenaire du Japon, par exemple grâce au tourisme.
Même si les conflits autour de ces îles finissent souvent étouffés, les séquelles demeurent. Ainsi, quand le Japon a bloqué un un bateau de pêche en 2010 près de ces îles, une représaille s’en est suivie par le biais de terres rares nécessaires à l’industrie nippone qui n’étaient plus vendues par la Chine.
Le nationalisme grandissant en Chine, et la légitimité plus que discutable du Japon (les îles lui appartiennent de fait depuis l’époque coloniale) aggravent ces facteurs. Les médias s’en donnent alors à coeur joie pour répandre à nouveau des préjugés ancrés dans les mentalités. Ainsi, un chinois sur deux pense qu’une « dispute militaire » surviendra avec le Japon dans les prochaines années. Le nationalisme se développe en partie dans les livres scolaires, et il est difficile de retoucher au fardeau historique que porte l’Asie de l’Est sans heurter les croyances des populations.

japon école

Qu’apprendra-t-il sur la place du Japon dans la Seconde Guerre Mondiale ?

Comment recharcher les batteries ?

Alors que le DPJ court à sa perte (les élections arriveront bientôt), il lui a été impossible de maintenir la date de 2030 comme l’année où les réacteurs seraient tous éteints. Aujourd’hui, il est donc probable que certains continuent jusqu’en 2050.
L’ennui principal vient du fait que le Japon peine en réalité à trouver des sources d’énergies alternatives : c’est déjà l’importateur le plus important de gaz naturel liquéfié (1/3 de la production mondiale). Des accords géo-politiques ont été conclus avec la Russie: des usines prendront formes à Vladivostok pour augmenter la densité des flux de gaz échangés, et des îles anciennement japonaises pourraient être rendues. La Russie cherche elle à compenser des ventes en baisse en Europe. Mais les autres opportunités restent rares : les USA hésitent par exemple à fournir le Japon avec leur gaz de schiste, de peur de faire augmenter les prix sur leur territoire.

Petit à petit…

Toru Hashimoto, maire d’Osaka à finalement formé son parti : le Nihon Ishin no Kai (Le Parti de la Restauration du Japon (PRJ). Les sondages donnent étonnement cette nouvelle formation gagnante contre le parti en place de Yoshihiko Noda.

"Je suis bien plus à droite que ça."

« Je suis bien plus à droite que ça. »

Proposant des aides pour les familles qui envoient faire à leurs enfants de longues études, il encourage aussi une décentralisation (en tant que maire fidèle à Osaka), ce qui pourrait permettre de réduire le nombre de représentants dans les différentes cours parlementaires pour réduire leur pouvoir et leur coût (la politique nationale serait affaiblie au profit de celle des régions). Ces idées restent du domaine de l’irréalisable pour le moment, car il faudrait que les cours votent leur propre fin pour que la réforme soit légale. Mais M. Hashimoto à le mérite d’amener ces sujets primordiaux sur la table, tout comme l’éducation au Japon qui n’offre que trop peu de choix aux enfants. Des politologues analysent ainsi ce que d’autres jugent comme des provocations d’un extrémiste des catalyseurs permettant de débattre de sujets capitaux pour le pays.
Néanmoins, il faudra au moins 2 mandats le temps que ce nouveau parti puisse raisonnablement arriver au pouvoir ; en attendant, les impasses pourraient continuer entre le DPJ velléitaire et le LDP vieux et cynique. Cependant, il suffit que le PRJ parvienne à intégrer une coalition de droite pour influencer le débat politique japonais.

Conclusion

Ces faits nous montrent encore une fois l’équilibre fragile de la diplomatie de l’Est asiatique. Les conflits sont nombreux et les solutions rares. L’avenir semble en plus assombri par un virage à droite du paysage politique japonais.

2 réflexions au sujet de « [Politique] Septembre 2012 »

    • Ca me fait vraiment plaisir que tu trouves ça intéressant ; j’essaye de rendre le tout pas trop lourd, et c’est parfois difficile de jongler entre l’information accessible mais non triviale !
      Effectivement plus qu’un an à rattraper, et je m’engage à n’avoir que 6 mois pour la fin de la semaine 😉

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