[Anime] Danganronpa

Danganronpa est un anime en 13 épisodes terminé le mois dernier. A la croisée des genres, mêlant enquêtes policières à survival game, cette adaptation d’un jeu vidéo reprend beaucoup des ingrédients qui ont fait le succès de séries très populaires comme Mirai Nikki tout en les arrangeant à sa propre sauce. La fin de cette 1ère saison est l’occasion de dresser un bref bilan : cet article n’est pas une présentation de l’anime et, à ce titre, comporte beaucoup de spoilers.

ImageSi un aspect est à retenir dans Danganronpa, c’est d’abord son côté déjanté. Motard déchaîné, travelo geek, IA surdéveloppée, top model psychopathe, otaku décomplexé, tueuse en série schizophrène, les lycéens « d’élite » sont tous plus atypiques les uns que les autres et surtout savent nous faire rire, que ça soit à travers leur caractère, leur comportement ou tout simplement leur apparence. Les moins malins (ou chanceux) meurent rapidement tandis que les survivants doivent cohabiter en découvrant progressivement les secrets très particuliers des autres. Et c’est sans oublier celui devant lequel ils font presque pâle figure, tous autant qu’ils sont : le sardonique, l’insaisissable, le diabolique, l’oursement outrageux Monokuma ! Upupupu

ImageTout ce beau monde évolue dans l’espace confiné qu’est le lycée Kibougamine, qui fait d’ailleurs plus office de prison que d’école. Toujours est-il que c’est le lieu idéal pour mettre en scène un survival game somme toute assez classique si ce n’est ses phases de tribunal suivant chaque meurtre. Et à propos de mise en scène, Danganronpa ne manque pas de nous en mettre plein les mirettes lors d’exécutions publiques toujours terriblement remplies d’ironie et faisant gicler toujours plus de sang rose fuchsia. Oui, Danganronpa, c’est toujours plus. Certains choix peuvent paraître discutables, mais n’en restent pas moins entièrement assumés : du goût, de l’initiative, même avec des personnages complètement stéréotypés il suffit parfois d’oser pour se démarquer. Pari donc réussi de ce côté-là, on aurait presque pu oublier que c’était l’adaptation animée d’un jeu vidéo.

Car comme pour bon nombre d’adaptations, Danganronpa souffre de quelques problèmes au niveau de la gestion du temps. Alors que les meurtres font doucement monter la tension, les collectes d’indices sont souvent expédiées en quelques dizaines de secondes, n’invitant pas vraiment le spectateur à réfléchir par lui-même pour résoudre les fameux Who dunnit, How dunnit et Why dunnit. En outre, les phases de réflexion et de raisonnement lors des jugements qui s’ensuivent sont plutôt convaincantes mais ne parviennent ultimement pas à faire ressortir l’ingéniosité des coupables dans l’exécution de leurs plans respectifs. Difficile en effet d’être impressionné, quand on en voit plusieurs se faire démasquer sur une pauvre parole de trop. C’est dommage.

ImageEt tant que j’y suis, niveau révélations, la fin de l’anime vient tacher la cerise sur le gâteau qu’était Enoshima Junko dans le dernier épisode : plutôt que de nous proposer des explications un peu plus solides sur le mystère global, les précieuses minutes sont consacrées à un Naegi venu rallumer la flamme de l’espoir dans le cœur de tous à travers les dialogues les plus ratés de l’anime. La fin, quand même, quoi.

Dans l’ensemble, le rythme global a tout de même le mérite d’être rapide sans trop rusher. On passe vite à autre chose, mais jamais sans s’être bien imprégné avant de l’atmosphère oppressante des lieux et du moment. En 13 épisodes seulement, ce n’est pas du paysage mais une bonne dizaine de morts qu’on voit défiler.

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Question graphismes, Danganronpa n’est pas à plaindre. Le chara design est un peu particulier mais l’on se familiarise très vite avec tous ces personnages hauts en couleur. L’univers (un lycée), assez réduit et peu original, réussit pourtant à créer et maintenir une ambiance assez sinistre tout au long des 13 épisodes. Le côté jeu vidéo ressort également assez bien sans être envahissant, de ce point de vue l’adaptation est réussie. L’animation est quant à elle irréprochable, mention spéciale pour les exécutions, chacune d’entre elles étant un vrai régal pour les yeux.


L’OST n’est pas inoubliable mais supporte honorablement l’anime. L’OP et l’ED sont de très bonne facture et apparaissent de façon assez irrégulière, ce qui valorise discrètement l’aspect imprévisible de Danganronpa. Enfin, le doublage est de très haute volée puisqu’on y retrouve un casting de seiyuu cinq étoiles comme on en voit rarement : Ooyama Nobuyo (Doraemon), Ogata Megumi (Shinji Ikari), Sakurai Takahiro (Cloud), Hisaka Yoko (Akiyama Mio), Saito Chiwa (Senjougahara Hitagi), Sawashiro Miyuki… Danganronpa réalise un sans-faute sur ce point.

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En bref, Danganronpa est le genre d’anime un peu over the top comme on les aime pour se changer les idées. Adaptation réussie ou pas, si la forme est impeccable, on regrette cependant que le fond ne soit pas toujours à la hauteur et c’est là le principal défaut de l’anime. L’amoureux de la démesure en ressort satisfait, le fan de mystère reste un peu sur sa faim.

13 épisodes, ça fait 13/20 si je n’en perds pas mes maths.

Une réflexion au sujet de « [Anime] Danganronpa »

  1. Tout d’abord, bienvenue à shadiblend !
    Et merci pour cette critique si complète de cet anime haut en couleurs 🙂

    Les réflexions sur la fin de l’anime sont très justes: la résolution est décevante. C’est indéniable.

    Et au sujet de l’ending, il est complètement génial :p

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