[Roman] Après le banquet – Yukio Mishima

Publié en 1960 au Japon sous le nom 宴のあと et en France en 1965, Après le banquet est un roman de Yukio Mishima.

Yukio Mishima et l'ancien maire de Tōkyō, Shintaro Ishihara, en 1956.

Yukio Mishima et l’ancien maire de Tōkyō, Shintaro Ishihara, en 1956.

Histoire

Kazu, propriétaire d’un grand restaurant florissant, vivait à l’abri des tumultes des sentiments amoureux. Un jour, elle fait la connaissance d’un ancien ministre, Noguchi, de dix ans son ainé, qui finira par l’épouser. Leurs caractères étant radicalement différents, l’un est un intellectuel idéaliste, l’autre une belle cinquantenaire qui a le sens des affaires et mène une vie active.

Critique

Noguchi se lancera dans une campagne politique, ancien ministre du parti réformateur, il se présente pour l’élection du préfet de Tokyo. Cependant c’est sa femme qui jouera le rôle le plus important. Mishima nous montre l’absurdité du sexisme et des rôles prédéfinis dans la société japonaise, mettant en avant la supériorité de Kazu sur Noguchi dans l’exercice de la campagne politique.

Toujours pour reprendre la politique, Noguchi est symbolisé par les idées et la théorie, parfois coupé de la réalité et des préoccupations des gens, tandis que Kazu et ancrée dans la société japonaise changeante de cette époque, attendrissant les électeurs par ses origines populaires et apportant une touche de folie et de jeunesse à la campagne de Noguchi.

Mishima crée ici une situation tout à fait intéressante. Comment vivront un homme, déjà dans l’optique de la retraite, intellectuel, érudit, ennuyant avec une femme encore pleine de vie qui n’aspire qu’à vivre pleinement, en toute liberté ?

Conclusion

Cette œuvre n’est pas une œuvre majeure de Mishima, cependant, elle reste très intéressante. Le couple, représentant les deux Japon s’opposant à cette époque : le Japon traditionnel, si cher à Mishima, tourné vers la passé et le Japon tourné vers le futur.Ceux qui s’intéressent aux rouages de la politique au Japon ou qui veulent connaitre Mishima sous un autre angle y trouveront aussi un intérêt.

Vous pouvez voir une très intéressante interview de Mishima, parlant de son œuvre (en français !) en 1966.

J’ai eu du mal à le comprendre, mais quand le journaliste lui demande quelle œuvre française l’a influencé, il répond qu’il a lut, étant jeune, Le Bal du compte d’Orgel de Raymond Radiguet.

Politique au Japon

Même si la politique n’est qu’une intrigue secondaire de l’histoire, la principale étant « l’expérience » d’un couple à première vue incompatible, elle joue son rôle de fond et éveille la curiosité du lecteur. Vous pouvez lire les articles de la section Politique, rédigés par le créateur de ce blog.

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