[Nouvelle] La Mort de Radiguet – Yukio Mishima

Après une longue absence, me revoilà sur le blog ! Avec, comme d’habitude, un article sur Yukio Mishima (profitez-en, il n’y en aura bientôt plus) ! La Mort de Radiguet est une courte nouvelle de Mishima écrite en 1953, 30 ans après la mort de l’écrivain français.Raymon RadiguetCette nouvelle très courte (26 pages) relate la mort de l’écrivain français Raymond Radiguet, mort en 1923 à l’age de 20 ans. L’auteur se met dans le peau de Jean Cocteau, mentor de Radiguet qui fut très proche de lui …

Les deux hommes mènent une vie libre, loin de toutes contraintes. L’histoire est très simple est courte. Cocteau aime Radiguet, l’admire profondément, ébloui par son talent si précoce. Mais Radiguet meure de la fièvre typhoïde à l’age de vingt ans, ses dernières paroles furent d’ailleurs :« J’ai peur, dans trois jours je serai fusillé par les soldats de Dieu ». Derrière lui, il laissa deux magnifiques romans, « Le Bal du compte d’Orgel » et « Le Diable au corps » (que je conseille vivement), et une série de poèmes écrits quand il était adolescent.

Edition japonaise du Diable au Corps. Photographie de Gérard Philippe en couverture.

Edition japonaise du Diable au Corps. Photographie de Gérard Philippe en couverture.

Une chose très surprenante dans cette œuvre est les raisons de l’intérêt de Mishima pour cette auteur. La réponse se trouve dans un de ses livres où il raconte la passion qu’il a eu pour Le Bal du compte d’Orgel dès son plus jeune age : Le Japon Moderne et l’éthique samouraï :

« Mon enfance s’est déroulée pendant la guerre. En ce temps-là, le livre qui me bouleversa le plus fut un roman de Raymond Radiguet, Le Bal du Compte d’Orgel. C’est un chef-d’œuvre de style classique qui égale Radiguet aux plus grands maitres de la littérature française. Sans mettre, cependant, le moins du monde en cause la valeur esthétique de l’œuvre de Radiguet, je dois reconnaitre qu’à l’époque, le jugement que je portais sur elle reposait à moitié sur des mauvaises raisons. Radiguet ma fascinait – ce génie, mort à vingt ans à peine en laissant au monde un tel chef d’œuvre ; et moi, dont le sort presque certain était de partir à la guerre et d’y mourir aussi jeune que lui, je surimposais ma propre image à la sienne. Je fis de lui, en quelque sorte, mon rival personnel, et de ses prouesses littéraires, un but à atteindre avant de mourir. Aussi, ma vie s’étant, contrairement à mon attente, prolongée après la guerre et mes goûts littéraires ayant évolué, la fascination qu’exerçait sur moi ce roman s’affaiblit-elle tout naturellement. »

Il le rappelle aussi lors d’interviews données en français (en partie) à un journaliste à propos de son livre Après le banquet (1966).

L’unique édition en français est agrémentée de la version originale du texte, en japonais ! Mais la qualité d’impression est bien en deçà d’un livre japonais, rendant certains kanjis difficiles à lire …Edition Japonaise

Malheureusement, ce livre n’est pas commercialisé. Des exemplaires ont été distribués au salon de du livre 2012. Actuellement, le seule moyen de trouver une exemplaire est internet, uniquement en occasion sur certains sites de ventes en ligne (Priceminster).Yukio Mishima

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